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Bien sûr que la situation est complexe, pluricausale et mérite nuance. Que l'École est malmenée depuis des années. Que les réformes s'enchaînent sans vision, et épuisent nos enseignantes et enseignants si mal payés et considérés. Que les moyens humains et financiers manquent. Que la « révolution numérique » a vampirisé une trop grande partie de l'intelligence et l'énergie du ministère de l'Éducation nationale au détriment des réflexions sur la pédagogie, la forme scolaire, le bâti, la place de l'École dans la société. Bien sûr que « le » numérique est un bouc-émissaire facile.
Je crois qu'il faut qu'on réalise, particulièrement nous les alternuméristes, que pour la plupart des gens non geeks, le numérique se résume à des plateformes aliénantes et toxiques. [...] Et ça commence à se payer. Pas que vis-à-vis des jeunes, mais de toute la société, de la qualité de notre débat démocratique.
Il montre que les principales « alternatives » numériques se sont développées en symbiose avec ces entreprises et les ont aidées à croître, quand bien même elles semblaient les combattre. De la même façon, de nombreux mouvements sociaux (les libristes, les militants des libertés numériques) ont également été « pris dans la toile des Big Tech », qui sont parvenues à s’approprier nombre de discours et de pratiques qui les menaçaient.