344 private links
Même aux États-Unis donc https://eldritch.cafe/@UnePorte/117128446316776595
Là aussi, c'est intenable. On arrive à une limite de capacité du système financier. Il n'y tout simplement a pas assez de liquidités disponibles dans le monde pour alimenter cette citerne beaucoup plus longtemps. Surtout si le rythme s'accélère.
Le début d'essoufflement: NVIDIA dégage moins de cash qu'avant, avec effet d'annonce sans rien de contractuel. OpenAI retarde son introduction en bourse avec certaines personnes qui partent de l'entreprise.
Tant que les IAs coûteront aussi cher à produire et à faire, alors l'exploitation semble. Ce qui peut rester d'une faillite de la technologie serait de petits modèles locaux optimisés pour des tâches spécifiques, à la manière des OCRs.
La technologie est aussi plus vorace en ressources: les NPU se dégradent en quelques années seulement. Cette technologie est bien moins robuste que la téléphonie ou la radio.
Je trouve cependant la métaphore avec le lancer de cailloux bancal, puisqu'elle sert uniquement à persuader avec quelques fausses informations. L'humanité ne cherche pas à lancer un cailloux pour lancer un cailloux. L'objectif de l'IA est d'augmenter la productivité à toutes les échelles. Le début du propos argumenté et construit est desservi par cette partie.
En revanche, la partie concernant l'infrastructure durable de l'IA générative semble toucher juste. La métaphore avec le rail aussi.
La couche logicielle existe pour faire tampon entre l'usage et l'infrastructure, pour qu'un changement d'usage n'implique pas systématiquement un changement coûteux d'infrastructure ou qu'une modification de l'infrastructure n'affecte pas l'usage.
Son usure dépend peu de l'utilisation au contraire de l'IA qui a un matériel obsolète en quelques années.
Alors comment l'économie autour de l'IA pourrait se contracter fortement ? La contraction de l'économie peut commencer par un simple échec public d'une des entreprises. Un désinvestissement croissant par la suite dans le secteur puis une chute de la valorisation de toutes ces entreprises. Les fonds d'investissements et institutions vendent en précipitation afin de couvrir leur perte d'investissement liés dans l'IA, ce qui entraine l'économie mondiale et les investissements à travers le monde sont suspendus.
Ce ralentissement de l'économie provoque une boucle de rétroaction: l'argent n'allant plus dans l'IA, les bénéficiaires n'utilisent plus cet argent dans le reste de l'économie.
Le plus inquiétant reste les institutions financières systèmiques importantes (JP Morgen Chase, Bank of America, Citigroup, HSBC, Barcalys, BNP Paribas, G>oldman Sachs, Crédit Agricole, ...) sont exposées a des défaut de paiement en cas d'éclatement de la bulle IA.
Ce défaut provoquerait l'arrêt de l'argent.
Même s'il y a des opportunités de ce genre d'évènement, il reste une certitude : énormément de gens se retrouvent en danger immédiat. Dans l'incapacité de se nourrir, se chauffer, se soigner, se loger…
C'est pour cette raison que je comprends et soutiens totalement le sauvetage des banques et des assureurs de 2008. C'était le meilleur choix, de très loin.
Le problème, la décision indéfendable plutôt, c'est d'avoir sauvé sans changer les conditions du désastre. On avait une opportunité unique que ça soit la dernière crise et on l'a laissée filer.
Et ce genre de scénario est la porte ouverte au fascisme, qu'importe du bord politique.
Quelle marge de manoeuvre existe-t-il dans ce cas ?
Plus généralement, lorsque la structure dépend d'elle-même, l'impossibilité de l'opérer transforme une panne réparable en rupture.
L'interconnexion entre banques, assureurs et États et tous les autres acteurs du système satisfait la redondance d'infrastructure : on a un maillage dense, en cas de rupture d'un canal direct, la transaction pourra passer par n'importe quel intermédiaire.
À la limite, on pourrait considérer que la dépendance de tout les canaux à Internet compromet leur redondance, mais je considère ce risque comme hors champ ici.
L'importance est donc d'avoir de la redondance, des services alternatifs.
Les réserves manquent, que ce soit les banques qui ne possèdent que quelques pourcents de réserve, ou leurs assureurs qui malgré des formules, restent une estimation "au doigt mouillé, je pense qu'on devra payer tant dans 10 ans, donc mettons ça de côté et croisons les doigts".
Les réserves des États sont négatives, avec 60 000 milliards cumulés en 2025.
Ces trois types d'acteurs recherchent eux-aussi le profit. La situation se retrouve lamentable puisque "tous les acteurs sollicitent la capacité maximale des autres, qui n'existe pas vraiment car les redondances théoriques sont jugées trop coûteuses et mobilisées depuis des années par… Les banques. Les assureurs. L'État."
La force poussant à l'investissement (de l'IA ou de solution alternative) est l'inflation. "En érodant progressivement la valeur [de l'argent], l'inflation encourage les individus à investir leur capacité dans le lancer de cailloux plutôt que de la perdre."
Que faire concrètement ?
Raconter les risques systémiques sans se pŕepare propage uniquement de la peur. C'est contre-productif. Il existe cependant des alternatives autres que ne rien faire ou sauver le système et le renforcer. Il faut sauver le système et le changer.
En 2008, le système a été sauvé sans rien changer. "En transférant cette capacité du collectif à ces institutions, on s'est immédiatement affaiblis, on s'est rendus encore plus vulnérables."
La manière la plus accessible d'empêcher ça est de conditionner un renflouement à un transfert de capacité encore plus grand dans l'autre sens. De ces structures vers le collectif.
La punition (amende, condamnation) est un renforcement de cette politique. [...] "Mais on a pas besoin de dire que c'est leur faute, de juger ou de rentrer dans des débats sur la responsabilité pour aller chercher cette capacité. On peut simplement taxer les milliardaires." Ils jouent avec le système en place.
Cibler les structure au lieu des individus semble aussi plus viable:
Un individu veut survivre et va se défendre. La lutte est coûteuse, surtout s'il a beaucoup de capacité. Une structure ne se défend qu'à travers les membres qui se sentent menacés personnellement.
Il s'agit de financer la démolition du système actuel.
En pratique, tout ce qui permet d'aller vers cette collectivisation de capacité est utile :
- Comprendre ce qui se passe
- Discuter avec les gens pour être sur la même longueur d'ondes au moment d'agir
- Concevoir la stratégie, la mettre à l'épreuve, la roder
- Identifier les changement de conditions permettant de l'appliquer
- Rappeler l'objectif et la stratégie quand on s'en éloigne
- Freiner la bulle pour qu'elle éclate plus tôt, moins fort
- Travailler en coalition
Tout ce qui nous en éloigne est probablement à éviter : - Monter les gens les uns contre les autres, casser la confiance et le lien social
- Identifier les responsables et/ou les punir
- Raisonner en termes d'identités et de factions plutôt que d'intérêts matériels
- Faire passer les principes moraux et les valeurs individuelles avant les conditions matérielles et la manière dont elles affectent notre objectif
- Propager des rumeurs, des fausses informations
- Alimenter, prolonger la bulle
- Travailler en transaction